L’Europe beaucoup moins dépendante du gaz russe en 2023

Publié le 27/02/2025
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En 2019, les exportations russes totalisaient 6,2 % de la production mondiale de gaz naturel, principalement destinée à la production d’énergie. Outre la Russie, c’est la Norvège, l’Algérie, les États-Unis, le Qatar et le Royaume-Uni qui nous fournissent du gaz. En 2019, près de 40 % de l’approvisionnement gazier européen venait de Russie, avec des pays qui en dépendent quasi exclusivement à l’est. Cette part a chuté à 9 % en 2023 avant de remonter à 15 % en 2024.
Par Laura Icart
La Hongrie, la Finlande, la République tchèque sont également considérées comme fortement dépendantes (à plus de 75 %). En 2023, mise à part la Hongrie qui fait littéralement cavalier seul en Europe et reçoit plus de gaz russe qu’en 2020, la Finlande et la République tchèque n’ont reçu respectivement que 10 et 8 % de gaz en provenance de Russie selon l’organisme Eurostat. En 2020, la forte dépendance à la Russie de l’Allemagne (plus de 60 %), très consommatrice de gaz pour son industrie, inquiétait beaucoup ; aujourd’hui le pays ne reçoit plus directement une seule goutte du robinet gazier russe. Mais il continue très probablement à recevoir du GNL russe via la France qui reste une importante zone de transit avec ses nombreux terminaux méthaniers. Autre pays fortement dépendant : l’Italie, qui importait plus de 40 % du gaz de Russie et n’en importe plus que 5 % en 2023. Le pays a considérablement diversifié son approvisionnement gazier en trois ans, de l’Angola à l’Algérie en passant par le Congo.
La Hongrie (78 %), la Slovaquie (64 %) et la Grèce (44 %) figurent en 2023 parmi les pays ayant la plus grande part de gaz russes dans leurs importations. La Belgique (18 %) et l’Espagne (18 %) ont, elles, augmenté la part de gaz russe dans leurs importations, essentiellement car elles sont, comme la France d’ailleurs, des importantes zones d’entrées et de transit du GNL en Europe, « ce qui ne signifie pas pour autant que le GNL est consommé dans le pays d’arrivée » note Anne-Sophie Corbeau, chercheuse au Center on Global Energy Policy. La France est passée de 20 % d’importations de gaz russe en 2020 à 13 % en 2023. L’année 2024 marque néanmoins une hausse des importations de gaz en provenance de Russie, portée par deux facteurs : des prix attractifs et les besoins énergétiques saisonniers.